Beurk Research : De la farce à la fiole.

Beurk Research : De la farce à la fiole.

Tout a commencé pour Beurk Research début 2016…

La TPD arrivait avec ses incertitudes sur la dispo pérenne des jus que j’aimais bien, et je me suis dit que je commencerais bien à me faire mes propres jus, aussi pour pouvoir les ajuster exactement selon mes goûts.

Je trouvais l’idée marrante alors j’ai commencé à acheter des arômes, et le premier projet était de faire une tarte au citron. J’avais été très impressionné par le Lemon Cookie de Ripe Vapes…

J’ai commencé d’abord à les gouter individuellement, j’ai acheté des petites fioles dans lesquelles je mettais de la base, environ 2ml et quelques gouttes de chaque arôme, pour les goûter. Dans un second temps j’ai fait des essais d’assemblages et j’ai mis à steeper tout en tenant bien sur un relevé de chaque test que je faisais.

Je me retrouvais avec mes premières recettes au bout de 4 mois à peu près, les premières que je commençais à vaper vraiment.

Au niveau qualité on était loin de ce que j’ai aujourd’hui, puisque les recettes ont été ajustées ou modifiées depuis…

À ce moment là, je me suis dit “merde c’est pas ultra la classe ça de me balader avec des fioles sur lesquelles il y a écrit le nom au feutre”, et alors j’ai eu l’idée de me faire ma marque à moi, pour le fun.

Je cherchais des idées marrantes, je voulais pas un truc qui se prenne au sérieux, alors j’ai commencé à chercher des noms, et Beurk est arrivé assez vite.

À ce moment là, on lisait aussi beaucoup de truc hallucinants et anxiogènes sur la vape, du grand n’importe quoi. Si on lisait la presse, on pouvait croire qu’on allait muter…

J’ai eu envie de chercher des images de métamorphoses où on aurait vu quelqu’un se transformer, et je suis tombé sur Dr Jekyll et Mr Hyde, la version des années 30 surtout. Avec des images décomposées de la transformation de Hyde en Jekyll…

On voyait sa gueule se tordre et passer par plusieurs stades de métamorphose, ça avait l’air vraiment dégueu, c’était parfait pour mettre sur mes bouteilles, et j’aimais bien cet imaginaire vieux laboratoire.

C’est comme ça que sont arrivées les premières étiquettes.

Brouillon auto 2

Pour rendre le nom Beurk moins basique et le personnaliser vraiment, je voulais y ajouter quelque chose du style Bio Hazard… un truc un peu bizarre et scientifique, donc j’ai envisagé Beurk Systems, Beurk Inc. ou Beurk Incorporated, je ne sais plus quoi, et au final ça a été Beurk Research, pour le coté laboratoire.

Et puis, la Recherche du Beurk, quoi… 😊

En parallèle j’ajustais les recettes, des amis commençaient à les vaper et en Mai 2017 il y a eu la création de la page facebook pour donner un peu une existence plus officielle à Beurk Research.

Avec des premières publications qui ont suivi, du style les fausses pubs par exemple… (qui sont encore visibles dans les tréfonds de la galerie photo sur la page facebook de Beurk Research ou sur le compte Instagram)

Je ne pensais toujours pas à commercialiser les jus, mais je m’amusais énormément à commencer à faire vivre cette marque et je voyais ça un peu comme une sorte d’exercice puisque mon métier principal est de travailler en design sur des marques et des packaging surtout alimentaires de grande conso.

C’est une époque où je me suis dit “ça doit être carrément cool de gérer la comm d’une marque de vape” (dans les clous évidemment avec les contraintes légales qu’on subit)…

En plus sur un sujet comme la métamorphose et les mutations génétiques, je vais pouvoir m’en donner à coeur joie pour raconter n’importe quoi…

En Juin 2018 j’ai fait une publication partagée sur facebook qui était avec un mec en camisole de force, et y’avait marqué “inscrivez-vous vite au beta-test”.

L’affiche par laquelle tout a commencé

Ce qui est drôle c’est que je n’avais vraiment pas du tout l’intention de faire un beta-test, mais alors c’était vraiment pas prévu, c’était juste une connerie de plus comme il y avait déjà eu une fausse interview du stagiaire (fictif) de Beurk Research, ou de Chantal la standardiste, par exemple…

C’était une publication qui était dans l’esprit “cobayes” de laboratoire, c’était tout, juste pour le fun.

Ce qui est marrant c’est que le truc m’a un peu échappé des mains à ce moment là, et que c’est une publication qui a été partagée sur beaucoup de groupes, et je me suis retrouvé avec beaucoup de gens qui voulaient s’inscrire finalement pour de vrai.

En voyant l’afflux de messages, je me suis même demandé à un moment si mon compte facebook avait pas été piraté…

En fait ça m’a même fait un peu peur, j’ai eu un petit moment de stupéfaction.

Avec le recul je sais pas si c’est un acte manqué cette publication, et que je voulais vraiment faire un beta-test, mais c’est ce qui a fait vraiment démarrer les choses…

Rapidement je me suis rendu compte que ça allait être super dur de dire aux gens que c’était pour déconner et que c’était de la fausse, et je me suis aussi dit “ha ben là on va savoir ce qu’ils valent ces jus”. Pas que pour moi et mes potes…

J’ai presque tout mon stock de DIY qui y est passé, et le truc avait commencé le samedi soir, et le Lundi midi je me suis dit stop, sinon je vais jamais avoir de quoi distribuer à tout le monde…

Ça représentait un budget rien que pour le port, mais de toutes façons si j’avais dit “c’est pour rigoler” j’allais me faire défoncer…

Et pour le première fois, les jus allaient sortir de mon cercle d’amis.

J’ai envoyé plein d’échantillons remplis à la main, ça a été un taff de malade.

Et j’ai commencé à avoir des premiers retours, ultra encourageants.

À ce moment là j’ai vu aussi que le délire autour de la marque faisait bien marrer, et que les gens étaient vraiment réceptifs au principe et à l’humour Beurk Research.

Car l’humour est ultra important dans Beurk Research, le but c’est surtout de raconter des fails, des trucs qui se passent de travers, de faire des démentis (quoique maintenant, des démentis je peux de moins en moins en faire sinon y’a des gens qui vont vraiment y croire), d’avoir une comm bien déconnante, car c’est comme ça que c’est marrant à faire…

Il faut s’amuser ^_^

Là je me suis dit “Bon, ben tu voulais gérer une marque de jus??? Ben vas-y mon pote, c’est maintenant là…” Forcément c’était un peu flippant de passer la vitesse au-dessus, et j’avais pas de blé (j’en ai toujours pas, mais là on parle des évènements passés). 😉

Il fallait forcément y aller pour voir, comme on paye au poker, c’était impossible de faire autrement…

Voilà comment on se retrouve à gérer une marque de jus, même toute toute petite, dans la vape…

Les défis sont importants, on est confronté aux difficultés de la distribution, avec des distributeurs qui doivent logiquement être rémunérés, des boutiques qui ont besoin de marger, le secteur étant très concurrentiel, la tâche est importante et au moment de se lancer là-dedans il vaut vraiment mieux le faire par passion plutôt qu’avec un tableur affiché sur l’écran.

… tout en se préparant à conserver une partie de son planning pour satisfaire aux questions de réglementations contraignantes, ou aux joies de l’administratif de la gestion d’une société.

(Ce qui m’en fait deux avec mon autre activité de design) sic…

La survie financière arrivant avec un volume que pour ma part j’estime assez conséquent, forcément tout cela est une question de taille critique…

Il reste le challenge de faire exister et vivre sur la durée Beurk Research en parallèle de la vie réelle, puisque développer un tel projet comme ça, sans surprise demande énormément, énormément d’investissement en temps puisque c’est la même personne qui fait tout, et cette activité doit surtout cohabiter avec mon autre activité professionnelle quotidiennement (dans laquelle on me fait un joli planning bien rempli), celle de l’autre vie, ce qui est de plus en plus difficile, Beurk Research prenant toujours plus de place dans mon planning quotidien.

(et tant mieux bien sur)

On découvre beaucoup beaucoup d’équations à résoudre, le commerce n’étant pas ma culture professionnelle à la base, telles que faire le grand écart entre le coût de revient des jus, élevé à cause des ingrédients que j’ai utilisés puisque qu’au moment de la création des recettes je n’étais pas dans une logique commerciale cherchant à faire de la marge, et le prix de vente qui doit être compétitif, ou le fait que les marges commerciales soient plutôt très très faibles pour les juicemakers, et que le coût de la distribution nécessaire, indispensable, d’échantillons aux boutiques vient en soustraction du bénéfice (coût de revient des échantillons et frais de port) et qu’à chaque fois qu’on en envoie 4 échantillons à une boutique pour la gamme complète, on lâche 5 euros…

Comme dit plus haut tout ceci est une question de taille critique de société et de volume de ventes je suppose, et j’en profite d’ailleurs pour dire qu’il est vraiment bien d’être sollicité par plein de reviewers qui veulent faire la promo de la marque, et que je suis conscient d’en avoir besoin bien entendu, mais qu’au vu de l’équation économique exposée plus haut, une petite marque comme Beurk Research a surtout besoin de vendre pour atteindre sa deuxième année d’existence, a besoin de soutient mais ne peut se permettre d’envoyer des gammes complètes gratuitement, car j’ai pas mal de demandes mais pas les moyens, les envois d’échantillons coûtant déjà très cher…

(les échantillons sont réservés aux boutiques car ça ne sert à rien de faire des reviews avec des échantillons en photo) 

Je profite de cette tribune offerte par Olivier pour remercier Michel Argouët, qui au-delà d’être devenu un ami, est mon parrain depuis le début de la commercialisation, en apportant un guidage permanent sur les pratiques commerciales, les normes, la fabrication, etc… à un faible agneau comme moi dans cette jungle impitoyable qu’est la vape professionnelle ^_^

Je peux dire aussi que quoi qu’il advienne pour le futur, ce qui est déjà accompli m’enchante, et que de parvenir à faire exister une marque et à ce qu’elle soit en vente avec des produits jugés plutôt de qualité est vraiment exaltant, tout en m’amusant sur la communication.

Je suis mort certes, et je me suis habitué à avoir du retard sur ce que je voudrais développer ou à gérer au quotidien sinon on pète un câble, mais quand je regarde derrière je suis content et de ce qui est déjà fait et de qui cette aventure m’a déjà fait rencontrer.

Mais bel et bien mort car je peux aussi témoigner d’une chose, il vaut mieux une (grande) part d’inconscience pour se lancer là-dedans, haaaaa hahaha hahaha hahaha hhaha, haaaaa hahaha hahaha hahaha hhaha,haaaaa hahaha hahaha hahaha hhaha,haaaaa hahaha hahaha hahaha hhaha, haaaaa hahaha hahaha hahaha hhaha, haaaaa hahaha hahaha hahaha hhaha…

Author: Grand Mogul

Grand Mogul de Vapapapa, créateur super occupé, carburant au café et au Mother's Milk
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