Vos témoignages sur la vape

Une histoire de nuages.…

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Ce sujet a 3 répons­es, 3 par­tic­i­pants et a été mis à jour par  Zazavapote, il y a 6 mois et 3 semaines.

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    Mes­sages
  • #850

    Zazavapote
    Par­tic­i­pant

    REFLEXION

    Il arrive un âge où on se met à réfléchir sur son passé et sur soi-même.
    Pour moi, le début de cette remise en ques­tion a eu lieu en 2005.
    De la prime enfance, en pas­sant par l’adolescence, de la vie de jeune fille à la vie de femme, de la vie de femme à la vie de mère… tous les paysages s’enchainent, cer­tains d’une rare beauté dont je me délecte dans mes rêver­ies, d’autres dont l’image loin­taine me ren­voie un soupçon de déplaisir, totale­ment absent du ressen­ti de l’époque.
    Ce déplaisir est pure­ment olfac­t­if.
    Toute la mai­son, la voiture, les vête­ments de mes par­ents et grands-par­ents, ain­si que les miens avaient une même odeur pesti­len­cielle …
    Pourquoi la même, et surtout laque­lle ?
    Cette odeur, je ne savais pas ce que c’était à l’époque.
    Le seul sou­venir qu’il me reste est que cela sen­tait mau­vais, et que par­fois, j’étais gênée pour respir­er. Cela dit, je ne m’inquiétais pas trop… j’étais asth­ma­tique, et le manque de souf­fle, je com­mençais à savoir le gér­er…
    Ils avaient tous un point com­mun ces paysages au pre­mier abord si dif­férents…
    Ce point com­mun se représente aisé­ment par un tube blanc avec un bout jaune, mesurant une dizaine de cen­timètres, et se trou­vant entre la main et la bouche de chaque per­son­nage présent dans ces clichés stock­és dans ma mémoire, et faisant égale­ment par­tie de ma vie depuis l’âge de 18 ans…
    Ce tout petit usten­sile, à pre­mière vue anodin quand il est sim­ple­ment dans sa boîte… s’avère être d’une dan­gerosité explo­sive lorsqu’il est allumé et porté en bouche…
    S’il est dan­gereux… il faut que je m’en sépare…
    Oui, mais com­ment ?
    Je ne sais pas, mais je vais chercher, me ren­seign­er… appro­fondir la ques­tion… il faut que ma volon­té prenne le dessus… mais pour cela, il faut com­pren­dre pourquoi j’ai envie de m’en sépar­er, et pourquoi je n’y parviens pas.

    LA NICOTINE OU COMMENT LE TABAGISME ET LA NICOTINE CRÉENT LA DÉPENDANCE

    Au fil des mes lec­tures, j’ai lu et appris beau­coup de notions sur le fonc­tion­nement du corps humain et de la psy­cholo­gie, qui m’étaient totale­ment incon­nues jusqu’alors.
    La nico­tine est une sub­stance naturelle de la plante appelée tabac.
    Le tabac est la seule plante au monde con­tenant de la nico­tine. C’est une drogue red­outable parce qu’elle resserre son emprise sur mon corps et mon esprit d’une façon très sub­tile.
    Elle pro­duit un effet agréable au mon cerveau (en stim­u­lant la pro­duc­tion de dopamine) sans en per­turber le com­porte­ment (je ne suis pas euphorique, dépres­sive ou som­no­lente, et je n’ai pas d’hallucination… je reste nor­male).
    Cette dépen­dance, physique et psy­chique, se traduit bien sou­vent par des symp­tômes déplaisants, lorsque la quan­tité de nico­tine devient insuff­isante dans mon organ­isme (quand je ne peux pas fumer par exem­ple).
    Pourquoi ?
    Depuis que j’ai com­mencé à fumer, j’ai appris à mon cerveau à pro­duire et à gér­er ses endor­phines prin­ci­pale­ment à l’aide de la nico­tine dont j’ai besoin pour me sen­tir bien.
    À chaque cig­a­rette que je fume, j’inhale en moyenne 10 à 12 bouf­fées. Donc, à chaque cig­a­rette, je m’injecte une dizaine de fois une drogue qui con­tribue à mon soi-dis­ant bien-être.
    Eh oui, la cig­a­rette n’est rien d’autre qu’une sorte de seringue buc­cale.
    Depuis le début, cha­cune des bouf­fées a été asso­ciée pos­i­tive­ment par mon cerveau à l’événement ou à la sit­u­a­tion que j’ai vécu sur le moment.
    Peu importe si j’éprouve du plaisir, si je m’ennuie, si je suis stressée, si j’ai de la peine ou si je suis en colère…. je compte sur la cig­a­rette…, car je sais au fond de moi (mais c’est faux… et dirigé par mon incon­scient) , que j’ai besoin d’elle pour m’aider à me sen­tir mieux.
    Donc, en plus d’avoir ren­du mon cerveau dépen­dant physique­ment d’une drogue extérieure, je l’ai pro­gram­mé psy­chique­ment, à associ­er la cig­a­rette à toutes les sit­u­a­tions, qu’elles soient joyeuses ou tristes.
    Je suis donc coincée de tous les côtés, mais il faut que ça cesse.

    DECISION

    En me con­nec­tant sur inter­net, j’apprends qu’il existe des cen­tres anti-tabac dans les hôpi­taux de ma région.
    Je décide donc de m’y ren­dre en com­pag­nie de mon cher et ten­dre époux, qui bien sûr est d’accord pour entre­pren­dre ensem­ble le renon­ce­ment à cette drogue.
    Je prends donc ren­dez-vous pour nous deux.
    Le jour J.… nous ren­trons dans un bureau loin d’être chaleureux, mais heureuse­ment… le sourire du médecin femme est apaisant .
    Pour éval­uer notre dépen­dance au tabac, elle nous fait pass­er le test de Fager­ström, où elle décou­vre une forte dépen­dance à la nico­tine (7 pour moi, et 8 pour mon époux).
    Ce test con­siste à pos­er les ques­tions suiv­antes, dont les répons­es (oui/non) sont asso­ciées à des nom­bres, que l’on addi­tionne pour avoir le niveau de cette dépen­dance (de 0 pour un non fumeur, à 10 pour un très très gros fumeur) :  

    A ce test, je suis à 7 et mon mari à 8, donc nous sommes tous les deux forte­ment dépen­dants…

    Elle nous fait ensuite souf­fler dans un appareil pour éval­uer notre taux de monoxyde de car­bone dans le sang…
    En effet, plusieurs mar­queurs biologiques sont util­isés en taba­colo­gie. Si la coti­nine mesurée au niveau uri­naire ou sali­vaire est le mar­queur spé­ci­fique de choix pour dis­tinguer les fumeurs des non-fumeurs, la mesure de la car­boxy­hé­mo­glo­bine (HbCO) sérique et surtout du monoxyde de car­bone (CO) dans l’air expiré sont large­ment util­isés en pra­tique.
    En effet, la mesure du CO expiré (COE) est une méth­ode sim­ple, immé­di­ate et non inva­sive pour déter­min­er le statut tabag­ique des fumeurs.
    Il va bien fal­loir qu’on sache… Alors on va souf­fler…
    Après une inspi­ra­tion pro­fonde suiv­ie d’une apnée de huit à dix sec­on­des au min­i­mum (ou mieux de 15 à 20 sec­on­des), elle nous a fait expir­er en con­tinu par la bouche dans l’embout à usage unique de l’analyseur de CO (expi­ra­tion calme de cinq à dix sec­on­des).
    Le résul­tat est sans appel, et con­firme bien le résul­tat du test de Fager­ström : nous sommes donc tous les deux très dépen­dants de ce petit tube blanc à bout jaune, et il est grand temps de penser à s’en sépar­er par tous les moyens.
    La déci­sion est prise.
    Il faut qu’on arrête de fumer.

    ACTION

    Après quelques échanges, une ordon­nance rédigée à main lev­ée pour 15 jours de traite­ment, et nous par­tons d’un pas décidé à la phar­ma­cie, gon­flés d’une volon­té d’enfer, qui bien sûr… s’est traduite par la prise d’une cig­a­rette à la sor­tie de l’hôpital (nico­tine quand tu nous tiens !!!) …
    Le nom du fameux médica­ment mir­a­cle soit-dis­ant… (sans vouloir faire d’humour de bas étage, à l’époque il fai­sait un tabac…) rap­pelle les champ.…(s) de tour­nesols bien con­nus de nos cam­pagnes. Pour ceux qui con­nais­sent… ce nom ne leur échap­pera pas.
    Pen­dant les 6 pre­miers mois… en effet… le nom­bre de cig­a­rettes avait chuté de plus de la moitié, et bien sûr le taux de monoxyde de car­bone mesuré tous les mois bais­sait lui aus­si… ce qui nous sat­is­fai­sait pleine­ment, et entrete­nait notre volon­té pour con­tin­uer ce com­bat, car ne l’oublions pas… c’en est bien un…
    Au bout de 8/9 mois… appa­rais­sent quelques sen­sa­tions de malais­es, ver­tiges, moments de déprime, moments de désoeu­vre­ment, ce qui n’était pas du tout dans nos habi­tudes… alors qu’il ne sous restait qu’une dizaine de cig­a­rettes par jour, et qu’en fait, nous étions con­tents du résul­tat.
    Devant aller chez le doc­teur pour le suivi men­su­el… nous nous y ren­dons… pen­sant qu’il fal­lait sim­ple­ment adapter le traite­ment pour éviter ces effets sec­ondaires très désagréables que nous ressen­tions.
    A notre grand éton­nement, rien ne fût comme nous l’avions prévu… notre taba­co­logue nous a été forte­ment con­seil­lé de tout arrêter, car des analy­ses très poussées sur ce médica­ments étaient sor­ties entre temps… et démon­traient que le sui­cide inter­ve­nait de temps en temps lors de la prise de ce dernier (dix­it le médecin).
    Nous avons ensuite testé un autre médica­ment mir­a­cle… mais là… vom­isse­ment, maux d’estomac… impos­si­ble de con­tin­uer.
    Et pour­tant… il fal­lait bien que nous arriv­ions à nos fins… mais apparem­ment, ce n’était pas si sim­ple que nous le pen­sions au départ.
    Des «patch»(s) avec un taux assez fort de nico­tine (le nom­bre de mg m’échappe) nous ont donc été pre­scrits égale­ment, avec en com­plé­ment des gommes, et des inhaleurs de nico­tine, ven­dus en phar­ma­cie.
    Nous les avons mis tous les matins, enlevé la nuit… mais bon.… le résul­tat n’a pas été probant.
    Con­stat après 15 jours de traite­ment… de plus en plus envie de fumer… rachats de paque­ts dans la semaine qui a suivi… et nous sommes retombés à fond dans le tabac.
    L’envie d’arrêter ce poi­son était tou­jours présente, mais du fait de notre décep­tion des efforts précé­dents non récom­pen­sés… la volon­té s’amoindrissait…
    Il a fal­lu pren­dre le temps de se res­saisir…
    Dans notre essai non con­clu­ant, il y avait quand même du posi­tif non nég­lige­able…
    Au cours de cette ten­ta­tive de sevrage, nous avons pris la déci­sion de lim­iter les endroits autorisés pour la cig­a­rette. Du coup, nous ne fumions plus dans la voiture, dans les bureaux et dans la cham­bre.
    C’était un plus, un pas en avant…
    Com­bat tu con­tin­ues.…
    Volon­té tu reviens.…

    RENCONTRE AVEC LA CIGARETTE ELECTRONIQUE

    En 2012, venant de démé­nag­er dans un autre départe­ment, nous pre­nions plaisir à décou­vrir les rues de notre région, les mag­a­sins divers et var­iés, les admin­is­tra­tions, les com­merces d’alimentation…. Et… au hasard de nos balades, nous décou­vrons un jour, une bou­tique ven­dant un objet dont nous avions déjà enten­du le nom… mais dont nous igno­ri­ons les effets…
    Nous entrons…
    Un sourire ravageur vient vers nous (la per­son­ne se recon­naitra), nous assaille de ques­tions sur notre manière de fumer, com­mence à démon­ter un tube en couleur… pour nous expli­quer la base de fonc­tion­nement de ce qu’elle nomme « une cig­a­rette élec­tron­ique », nous mon­tre en la por­tant à la bouche, la pos­si­bil­ité de faire de la fumée… sans les dan­gers du tabac, dont le prin­ci­pal ingré­di­ent que nous con­nais­sons tous… le monoxyde de car­bonne.
    Une quan­tité impres­sion­nante de petites fioles étaient dis­posées sur un comp­toir. Notre curiosité nous pousse à deman­der ce que c’était… et la réponse nous a un tan­ti­net sur­pris. En effet, il s’agissait de sen­teurs divers­es et var­iées (fraise, fram­boise, abri­cot, tabac, men­the, cock­tails…), qu’il suff­i­sait de met­tre dans un réser­voir pour « vapot­er »…
    Vapot­er…
    De retour à la mai­son, le net étant une source indéfinie de ren­seigne­ments, nous plon­geons cha­cun de notre côté sur notre nav­i­ga­teur favori… et bien sûr… nous tapons « cig­a­rette élec­tron­ique ».
    Notre éton­nement s’est avéré sans lim­ite, puisque il exis­tait une quan­tité indéfinie de pages, ven­tant les bien­faits de cette décou­verte, expli­quant ce que nous avions déjà retenu de notre précé­dent entre­tien, et assur­ant de la réus­site d’un sevrage tabag­ique sans en avoir les incon­vénients.
    Ni une ni deux… le lende­main, retour dans cette bou­tique pour pren­dre tout le matériel néces­saire au début de notre vapotage.
    Le début… par­lons-en…
    Nous ren­trons avec tout ce qu’il faut, les réser­voirs rem­plis, les bat­ter­ies chargés, et nous vapo­tons tran­quille­ment les deux prin­ci­paux par­fums que nous avions goûtés et sélec­tion­nés.
    Après mul­ti­ples déboires que je ne dévelop­perais pas pour éviter de décourager les peureux… (fuites…, suin­tages…, glou­glous…, mais je vous par­le là des cig­a­rettes élec­tron­iques de 2012) nous réus­sis­sons à trou­ver un équili­bre entre fumage et vapotage.

    Au fur et à mesure des jounées… notre quan­tité de tabac dimin­u­ait, sans que nous en ayons vrai­ment con­science.
    Aucune sen­sa­tion de malaise, de manque, de trem­ble­ments, d’angoisse… rien.
    Le tabac etait devenu sec­ondaire pour nous.
    Nous arriv­ions même à ne pas penser courir chez notre bien aimé bural­iste…
    Nous n’avons jamais arrêté de vapot­er depuis.
    Quelques péri­odes de repris­es de une ou deux cig­a­rettes nous arrive de temps en temps… mais nous ne trou­vons pas ça bon du tout… et n’y voyons aucun intérêt… Il existe l’alcool mondain… Il s’agit là de clopes mondaines dirons-nous….
    Incroy­able !
    C’est extra­or­di­naire… ça fonc­tionne.
    Alors n’hésitez pas vous, fumeurs…
    Ne vous lais­sez pas mon­ter la tête par les médias… au tra­vers de leur cam­pagne de dés­in­for­ma­tion orchestrée par l’industries du Tabac et l’industrie phar­ma­ceu­tique.

    Ren­seignez vous auprès des asso­ci­a­tions de défense de la vape (Aiduce, Fivape, Sovape, Vape du Coeur …).

    Ren­seignez vous sur les forums de vapo­teurs dont les mem­bres ont prou­vé, décrit, expliqué mieux que moi leur pas­sage à la vape, et leur défume totale sans souf­france, et sans manque.

    Arrêtez de dire autour de vous que la vape est dan­gereuse, sim­ple­ment parce que vous l’avez enten­du à la télévi­sion ou la radio, ou que vous l’avez lu dans des jour­naux plus proche de la sci­ence des ânes que d’une recherche réelle et appro­fondie sur la ques­tion.

    Mer­ci de m’avoir lue.

  • #851

    Colo­ma
    Par­tic­i­pant

    Zaza, ce témoignage est sim­ple­ment extra­or­di­naire! Sans par­ler de ta plume! J’ai une his­toire sem­blable à quelques détails près que j’ai sauté l’étape taba­co­logue, médica­ments, patchs…
    Beau­coup de fumeurs ont été exposés très jeunes à la cig­a­rettes. Elle a fait par­ti de notre enfance, on imi­tait les grands en se ser­vant d’un sty­lo, on avait hâte d’être une grande per­son­ne pour le faire en vrai.
    Com­ment y échap­per alors…
    Et nous voilà adultes, essayant par tous les moyens de s’en sépar­er.
    Beau­coup ont sauté le pas, grâce à cette inven­tion et beau­coup ont réus­si, grâce à des com­mu­nautés, des revues, et des témoignages, comme le tiens!
    Mer­ci pour eux, d’avoir pris tout ce temps pour faire ce bel arti­cle, et de partager cette belle his­toire.

  • #852

    obareau
    Admin bbPress

    Mais quel témoignage et quelle plume !

  • #854

    Zazavapote
    Par­tic­i­pant

    Mer­ci Olivi­er, par­cours jalon­né d’embûches mais on tient bon !

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